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démarche

Après quelques esquisses à l’ERBA et dans le monde du tissu d’ameublement, elle prend le nom de o-o–o—o. Loin de la haute couture et de l’artisanat d’art, allant du tissage, à la couture, broderie en passant par la maille et l’art de remplir les surfaces (en référence au dessin textile), elle réutilise ces gestes domestiques et artisanaux à des fins artistiques sous la forme d’installations participatives, créations in situ et performances.

Non sans rappeler le travail de Chiharu Shiota, elle ne confère pas d’énergie à l’objet mais libère de l’énergie dans le travail. Elle cultive la répétition, remplit le temps ou l’espace de motifs gestuels et sonores, dans une attitude d’effort. Elle utilise ses émotions forces et faiblesses propres, objets et gestes de sa production pour offrir un regard sur ce qui l’entoure. S’appuyant sur les mots de C.Boltanski, ‘l’art vit au présent dans les émotions éprouvées et ou le désir de se rejouer’  ‘transmettre des idées plutôt que des objets’  elle rejoue ses installations, performances et actions.
« utiliser le je pour poser un regard sur le monde » G Didi Huberman
En parallèle elle recherche à dématérialiser l’oeuvre, en mettant en exergue les gestes du travail textile lors de performances et à interroger l’oeuvre et son exposition ou son invisibilité, ‘Un art à fleur de réel, considérations sur l’action furtive’  P.Loubié.
Elle attend du public qu’il fasse l’expérience de l’oeuvre.

La création est envisagée comme un acte, une libération d’énergie faisant écho au monde, à ce qui s’y passe et en particulier aux les luttes et prémices de la transition.
« L’art comme action est envisagé comme un acte culturel et politique, irréductible, et comme une résistance aux mille formes incontrôlables ». R.Martel

L’objet mis en oeuvre dans un environnement social ou naturel est un point de contact, un passeur d’émotions brutes, donnant à ressentir, proposant une expérience sensible, un échange entre le regardeur et l’artiste.

Jouant des lieux d’exposition, ses oeuvres circulent des lieux dédiés aux non-dédiés, espaces naturels, publics, d’expositon, lieux intermédiaires, squats. Ses oeuvres évoluent avec le temps, le lieu et les circonstances, elle  procède étape par étape proposant des oeuvres en construction permanente .

bio

Elle est née à Roubaix en 1977, a grandi dans un environnement marqué par l’industrie.
Son emménagement à Calais  l’a plongé dans une autre grande ville du textile. Après une formation artistique, elle s’est dirigée vers le travail social à la recherche d’une relation encrée dans la réalité.
Très vite le besoin de création a rejailli, elle s’est tournée vers la création textile, le textile faisant partie de son paysage. Styliste coloriste pour une marque de tissus d’ameublement, l’attirance pour l’expérimentation l’emmena vers les usines où dans les bureaux de création où l’on essaie de déjouer les techniques.
Roubaix, Calais, le tissus remplie les surfaces et la dentelle les évide.
Depuis elle remplit le temps à vider les trop-pleins.

2016-09-cv
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